Les effets de la caverne s’enlisent
dans de cotonneuses réflexions
debout au bord du quai garni
sa chaire arbore l’expression
négligeant jalousement d’autres brises
tenu en haleine il feuillette l’analyse
et tourne les pages lues, les mots compris
sous les rails de train pourri
en guise d’oreilles généreuses
posé sur des yeux de faucons
balayer au café perché
sous les tabourets aussi sans prétention
elle observe la fourmi courageuse
du plancher
se laisse aller à divaguer
sans emporter ni carte ni compas ni boussole
grande est la prise
répond l’écho enthousiaste
grande est la prise
une phoque mue sur une eau stagnante
sans orientation
l’obscur raconte aux nuages ses visions molles
scabreuses
percée de neige veloutée
puissante
en son sein le pollen se lance
du fond aqueux elle hante
sa proéminence inversée
et le charme qui suit
avec sa traînée ardente
la fourmi aussi sur son plancher muet
pose sa trouvaille d’une façon choisie
et explique la bifurcation d’une lave enfouie
la conférence est passionnante
sans protection,
sans parapluie
grande est la folie
répond l’écho enthousiaste
grande est la folie
la fourmi formule
la fourmi phéromone
la peau respire et s’avance extravertie
vers sa cavité lumineuse
la sonnette est désactivée
car les pas sont agiles
à travers les roseaux et l’eau lourde
toujours alerte pour répondre à une bise
accompagnant la journée sourde
mais bourdonner, frôler, humer, masser,
et l’évidence revint
dans sa belle boue nourrissant les pétales avertis
et leur rythme tremblant de présence
le chas du regard en partance
la ligne maintenue en tension
grande est la danse
répond l’écho enthousiaste
grande est la danse
suspendu à ses méandres de désirs
ces bribes mouvant
les corps chargées, les corps intenses
palpent, tâtent, tentent sans distance
grande est l’apnée
répond l’écho enthousiaste
grande est l’apnée
ronde ses respirations en bouche
la route, la croûte, la crête est sensée
son engouement sensiblement penchée
sans cygne rétif ou louche
mais tremblant de présence
les effets de la cave s’enlisent
les nuques dégagées de la main mise
se lézardant au soleil qui couche
les brindilles au dessus des fourches
des yeux qui fuguent de leur orbite stimulée
annoncé dans leur paume submergée
des mots, des Vénus du doigté
profonde
et consonante envolée
de la terre murmurant comme l’argile
piétinant dans l’attente de déployer
toute humidité cachée sous ses pieds
les vibrations de ses vents aussi savent être fragiles
comme la mosaïque craquelée de mouvements sans fil
et la trame de ses vivace douches
ne laisse pas saisir, mais comme des mouches
des nuées et leur souffle subtil
s’épanche dans la lie du Nil
grande est la rosée
l’apnée, la danse, la folie, la prise
les effets de la caverne s’enlisent
tremblant de présence la surprise
La verve a des racines !