Matousha

Mon Alinéa de Chair

Enlacés en tailleur le sourire dans les yeux,

le désir de rester ainsi une bulleuse éternité

choisie en catimini dans nos muqueuses brillantes.

L’infini suave disponible en chaque laps de temps

comme un chat qui lape la voie lactée,

comme le chant lape la voix laiteuse.

Encore une profonde et douce étreinte

qui me rend confuse au présent.

Encore une chaude poignée de main

contenant nos amoureuses secondes

Encore le souple corps vibrant

qui floute mes limites

Encore une onde lente qui infuse le

cœur du printemps intime

Encore toi, t’offrant à l’innommable absolu en confiance

Encore toi, t’adonnant généreusement à l’inconnu

Encore toi, t’abandonnant ex nihilo à la Tendre

Nous, néant avant et après Nous.

Nous, éperdus ici et ailleurs.

Nous, nous ancrant en la terre gorgée de l’autre corolle

Nous, nous encrant avec l’autre terre nimbée du mou.

Se lover contre un havre tranquille

se loger sous le creuset de soie

se nider en soi

accueillir le remous velouté en terre d’asile

dénouement de dénuement

insondable amalgame s’enlisant

dénuder les nœuds coulants imbibés

de peurs, de chagrin, de colère.

À nu, front à front je plonge, j’émerge et je cingle

Je cède au présent émouvant

lentement je verse vers ma délivrance chaloupée.

Bombance émanant de douceurs

Ainsi mon limon lit et relie

L’Amie Encore