Les limbes de la parole
la décale dans un sens
Il résiste en contant
la maturation d’argile réfractaire
le limon insiste enroué
le limon incite l’envolée
la lise vocalise
la lise croasse
la lise mugi
sur place
retenu par une nuée de voyelles
aquatiques
Une ruée de bulles vives
spiralent en voie d’apparitions
folles…
cocasses pâmoisons
Par de loquaces coups d’œil
ils se mutinent enfin
ils se révoltent affamés
en sourdine sonore
par ces siestes bruyantes
Avec un vacarme silencieux
chacun offre à la meute
sa pensée sauvage
son empreinte de soucis
sa mêlée d’impatience à louvoyer
entre d’infinies combinaisons de syllabes
Percer celles, fidèles
aux sensations pantelantes
révéler celles, émergeant
à l’écoute de sublimes séditions
Lofer l’ineffable vie vers ces noms
d’oiseaux de tempête et de mouette…
Les oindre de sa dense beauté rétive…
L’insurgé des récifs corollaires
est invisible, est opaque
pour la vision focale,
pour les regards bâclés
qui balayent la surface
d’eau salée
À ces hâves esprits
à ces pâles hâbleurs
elle reflète un ciel
elle dévoile des impressions
sans voltige éperdue,
sans dimensions bavardes,
son bleu sans volute
son espace sans contenance
son souffle sans ampleur
sa texture sans répondant savoureux
faisant des gorges chaudes
de plates notions océanes
rien de nouveau en Somme
Alors langoureusement il cause,
il cause l’engouement d’un voile du palais
pour le son caressant les gorges profondes,
pour le ton effleurant la formation des mots !
Le morula de splendeur
qui reste muet, qui reste impalpable
face à l’attente de résultats formulables
L’inouïe logorrhée se manifeste sourde au mystère
Elle signe et cingle
vers ces tenaces élocutions
de fonds marins
et lie de vin
De tout son saoul
plonge avec le chant
des baleines
vers son propre lit de rivière
pour relire chaque verbe originel
nommant ses écumes et remous
le plancton déliant les langues
le plasma reliant les langues
les poumons de la mer
remuant les lèvres
prononçant amour
Ainsi l’âme-or féconde l’aurore