La voûte plantaire, la voûte florale, la voix du cauri, la foi perlante, la membrane bleue transparente comme soufflée au verre avec les vagues d’infini ; les profusions singulières qui laissent deviner sa vérité ondulée. Inviter le cosmos dans notre bulle. convier à la partition, toutes les étoiles comme le reflet de nos cellules, comme l’extension de nos émotions jusqu’à l’univers. Une infime partie de notre magie se dévoile à l’orée de sa concordance avec les galaxies. Ce concours de circonstances participe à la danse océanique. Le hors temps d’autres civilisations s’infuse dans notre chair, dans la mémoire ardente de notre champs magnétique. Être guidée par cette force ancestrale, une bouche mouvante, une ferveur pantelante le jeu de notre nage en symbiose avec les baleines, des nébuleuses, des naissances, des feux d’artifices, les pyromanes marins, la voie lactée cellulaire, ces hélioblastes, les cavernes de calcaires, les vastes arcs de rochers, les galléries de l’eau, la tendresse tressées des lianes. Le fluide forme sa réalité et son chemin, modèle son idéal et son dialogue. La langue du jour. Une conversation ; les créations de verbes avec autrui, avec toi ma buée. La confusion des perles intimes et lucides comme l’œil du loup. L’instinct de la course ralentie à l’instar de milles et une images par secondes. Avancer, en captant chaque nouvelle respiration sur notre parcours, chaque râle suave qui transpire d’amour. Attirer l’éternel dans mes racines Inspirer une nuée de sons-lumières Inviter le cosmos au cœur du périnée, au centre de nos mots itinérants propre à l’éphémère éternité de l’expression pulmonaire, propre à la cadence de notre monde, au rythme de notre globe. Voir le globule dans l’étang de notre paume. Embaumer globalement sa peau! Apprécier la course folle de la terre, Ses éperdues foulées de pieds nous semondent à visiter nos intérieurs oubliés, les vestiges à réhabiliter, des vertiges à habiter, à rendre à la vie, à résurger de l’aquarelle, grâce au souffle grâce à la bise continuelle balayant la surface blanche de nos souffrances. La page étant imbibée des couleurs de notre sensualité rends l’impression lumineuse. Ce vécu dense de sens. Dense des danses, lourdes des astres et du désastre, pleine de désirs et de peurs, gorgée de tendres salaisons, vive de vide, vive de suspension. Avoir la trempe chromatique Avoir l’esprit des pauses, savourer l’espace de condensation et d’expansion, goûter à la fusion de nos corps, jouir de cet exact laps de temps. Le temps de se sourire, le loisir de s’aimer, d’effleurer le grain de peau, d’inonder le grain du papier avec ses ravissants poils de pinceaux, avec la plume et son encre. Multiples horizons…de carnation L’espace nous porte et nous transforme l’espace nous sculpte et nous façonne autant que nous le créons et l’enfantons. Le besoin d’animaux, le besoin de végétaux, le besoin de minéraux, leurs songes s’ancrent, puis se lovent dans nos abysses. Nous sommes constitués de tous les éléments de la planète, nous provenons des mêmes atomes, impossible de faire fi d’un. Le plaisir du temps qui s’étire par les pieds, le long des filaments, le long du miel qui s’épanche sur une nouvelle sortie de corps. L’argile qui tire, extrait, digère les toxines des profondeurs, cette blessure d’une naïve désuétude, la révèle à fleur de peau ! Se rit de moi mon diable au corps. Se rit de moi mes plissures charmantes. Se rit de moi l’orchidée-singe. Mais l’air caresse incessamment, marche par marche, l’échelle de la colonne vertébrale et enchante l’aisselle à remonter le temps, à la faire vibrer et à être bercé par l’ambiance aqueuse. Les effluves de velours, l’argile et son soupir travail de paire. Les sabots de vénus font le reste. Toi, tu accouches, tu mets au monde, tu sors une entité de la pulsation. Qui joue encore du violon ? Des virtuoses de conception. De mes mains embrasées, j’adhère à cette nouvelle peau, à merveille. Chaque parcelle prend la lumière du soleil, du seuil de la porte entrouverte. Ce corps sonore ! Mes mains résonnent, mes mains écoutent, mes mains embrassent les effervescentes aventures de ces cellules. La paume de ma main plonge comme une source qui se nourrit éperdument de ce tissu issu du présent. Une plume comme un fossile dans une pierre… Elle boivent les paroles d’une synergie logique inhérente à ses ramifications. Les sensations qui surgissent d’un regard global donnent le tournis. Recueillir en son sein le soudain flot d’informations. Qui émerge d’une longue sieste Les pieds dans le doux courant du lit de rivière, m’entraîne dans un vortex, mes repères spatiaux chancellent. Le mouvement continuel de l’eau me donne une nausée d’une autre dimension, appréhendée uniquement in situ. Le tableau dresse la silhouette de l’aventure empirique. Le ruisseau récite des poésies délicates, des contes indéfinis. Entendre la spirale se former et se délier, entendre sa résistance et son élasticité entendre ses joies ludiques de mammifères entendre son poids chaud et son flux débonnaire, entendre sa lenteur souple et sa densité vibrante, entendre la source, son fleuve et sa mer entendre son présent d’audace. Du vivant agissant, avivant, arrivant jusqu’à là ! Le saoul de tout ces possibles, sa saturation superficielle et sa ressource profonde, incorporée et transmutée en symphonie de paroles lumineuse, une poésie d’orfèvre. La permanence me soutient et m’autorise à improviser, à découvrir et à transcender. La constance des permutations ouvre à l’émancipation des mondes, car je peux toujours céder à la voie « tout est en mouvement, tout coule, panta rhéi ». !